Quand je prépare un trail en montagne, les 48 heures qui précèdent la course sont pour moi déterminantes. J'ai testé plusieurs approches au fil des années : certaines m'ont évité des crampes et des baisses d'énergie, d'autres m'ont servi de leçons (parfois douloureuses). Voici le protocole nutritionnel que j'applique maintenant systématiquement pour limiter crampes et hypoglycémie — un protocole pratique, adapté et basé sur l'équilibre entre glucides, électrolytes, hydratation et repos digestif.
Principes de base à garder en tête
Avant tout, je pars du principe que l'on ne réinvente pas la roue : on optimise ce que l'on connaît de son corps. Mes règles d'or :
J-2 (48 heures avant la course) : augmentation modérée des glucides et attention aux fibres
À J-2, je commence à augmenter légèrement ma part de glucides complexes sans faire de « chargement » extrême. L'objectif est d'assurer des réserves énergétiques stables tout en évitant ballonnements ou selles perturbées.
J'évite les légumineuses et les crucifères en excès (chou, brocoli) si je sais qu'ils me donnent des gaz. Je limite aussi l'alcool : il déshydrate et perturbe le sommeil.
J-1 (24 heures avant) : chargement en glucides contrôlé + électrolytes
La veille, je monte un peu plus les glucides mais en choisissant des sources faciles à digérer. Mon but est d'optimiser le glycogène musculaire sans stress digestif.
La veille au soir, j'introduis une boisson de récupération/électrolytes (type Hydrapro, SiS REGO ou une pincée de sel et une boisson glucidique maison) pour augmenter les réserves en sodium et potassium. J'évite les fibres en excès et les graisses lourdes le soir.
La nuit et la matinée de la course : timing et prévention des hypoglycémies
Le sommeil compte autant que la nutrition. Je m'assure d'être couchée tôt et d'avoir un dîner suffisamment rassasiant pour ne pas me réveiller affamée. Le matin de la course, je vise un apport glucidique progressif et facile à digérer.
Si je suis sensible aux nausées, j'opte pour une boisson glucidique plutôt qu'un solide juste avant la course.
Hydratation et électrolytes : la clef anti-crampes
Pour moi, prévenir les crampes, c'est autant une question d'électrolytes que de muscles fatigués. Voici ma routine :
Pendant la course, je prévois des prises d'électrolytes toutes les 45–60 min si l'effort dépasse 2 heures (comprimés d'électrolytes ou gels avec sels). Le magnésium est souvent cité pour réduire les crampes : je prends parfois 200–300 mg de magnésium le soir avant la course si je sais que je suis sujette aux crampes, mais j'évite d'en abuser sans avis médical.
Petite table pratique : timeline alimentaire (exemple pour un départ à 8h)
| Heure | Action |
|---|---|
| J-2 matin | Porridge, banane, café si habituée |
| J-2 midi | Riz/quinoa + protéines + légumes cuits |
| J-1 soir | Pâtes blanches + sauce légère + bouillon salé |
| Nuit | Dormir tôt, éviter alcool |
| 6:00 (3h avant) | Petit-déjeuner léger : toast+compote ou boisson maltodextrine |
| 7:15 (45 min) | 25–30 g glucides rapides (banane/gel) + 200–300 ml eau électrolyte |
Suppléments et stratégies spécifiques que j'utilise
Voici ce qui m'a aidée et que j’utilise ponctuellement :
Checklist à suivre (ma check-list personnelle)
Enfin, je rappelle que chacun réagit différemment : ce qui fonctionne pour moi peut nécessiter des ajustements pour vous. Testez ce protocole lors de sorties longues d'entraînement pour l'adapter à votre métabolisme, votre poids et la difficulté du parcours. Si vous avez des antécédents médicaux (diabète, troubles rénaux), consultez un professionnel de santé avant de modifier significativement votre alimentation ou d'ajouter des suppléments.