Courir un ultra de plus de six heures change complètement ma façon d’envisager l’hydratation. L’eau seule ne suffit souvent pas : j’ai appris, au fil des sorties longues et des courses, à associer eau de coco et électrolytes pour garder mon énergie, préserver ma fonction musculaire et éviter les crampes ou les maux de tête. Dans cet article, je partage ma stratégie pratique, testée à l’entraînement, pour utiliser l’eau de coco et des apports en électrolytes pendant un ultra.
Pourquoi l'eau de coco ? Et pourquoi l’associer à des électrolytes ?
J’aime l’eau de coco pour son goût naturel, sa teneur en potassium et sa faible teneur en sodium comparée aux boissons isotoniques classiques. Elle hydrate agréablement et procure une sensation de fraîcheur, ce qui est précieux sur de longues heures de course.
Cependant, l’eau de coco n’apporte généralement pas assez de sodium pour compenser les pertes par la sueur lors d’un effort prolongé : c’est là que les électrolytes externes (comprimés, poudres ou boissons enrichies) entrent en jeu. Le sodium est essentiel pour maintenir l'équilibre hydrique intracellulaire/extracellulaire et prévenir l’hyponatrémie, tandis que le potassium aide la fonction musculaire et la récupération.
Mon protocole de base avant la course
La semaine qui précède l’ultra, je veille à :
La veille, je consomme de l’eau de coco en petite quantité (200–300 ml) en complément d’un dîner équilibré, mais j’évite de surcharger mon estomac avant le départ.
Mon mélange cible pendant la course
Voici la recette que j’utilise et qui me convient sur ultras supérieurs à six heures :
Ce mélange permet de compenser potassium et sodium sans surcharger en sucres. L’idée n’est pas d’être « parfaitement équilibré » à chaque instant, mais d’éviter une dérive trop rapide vers la déshydratation ou l’hyponatrémie.
Exemples pratiques selon les conditions
J’adapte toujours selon la météo, l’intensité, et ma transpiration :
Tableau : exemple d’horaire et d’apports sur 6 heures
| Temps écoulé | Boisson | Électrolytes (sodium) | Glucides |
|---|---|---|---|
| 0–1 h | 200 ml eau plate + 150 ml eau de coco (diluée) | 0–300 mg (si chaud) | 20–30 g (gel/barre) |
| 1–2 h | 250 ml eau de coco diluée | 300 mg | 30–40 g |
| 2–3 h | 200 ml eau + 200 ml eau de coco | 300–400 mg | 30–40 g |
| 3–4 h | 250–300 ml eau de coco diluée | 400 mg | 30–40 g |
| 4–5 h | 200 ml eau + 200 ml eau de coco | 400–600 mg | 20–40 g |
| 5–6 h | 250 ml eau de coco diluée | 300–600 mg selon sensations | 20–40 g |
Les signes à surveiller (que je surveille en course)
Sur un ultra, j’observe constamment mon état : bouche sèche, performance qui baisse, crampes, nausées, étourdissements, ou mictions abondantes et très claires sont des signaux. Voici ceux qui m’alertent :
Produits que j’utilise et comment je les combine
Je suis fidèle à quelques marques que j’ai testées : des comprimés d’électrolytes comme Hammer Endurolytes, SOS Hydration en sachets ou Tailwind pour les boissons complètes. Pour l’eau de coco, je privilégie les versions 100% nature (sans sucres ajoutés) comme celle de la marque VitaCoco ou les versions bio. Souvent, je mélange :
Tester avant la course : indispensable
Jamais je n’expérimente une nouvelle boisson le jour J. Tous mes ajustements (dilution, dosage en sodium, alternance eau de coco/boisson énergétique) sont testés sur sorties longues de 20–40 km, en conditions similaires à la compétition (température, intensité). Cela permet d’évaluer la tolérance digestive et l’efficacité contre les crampes.
Aspects pratiques aux ravitaillements
Sur un ultra, je gère la logistique : je pré-place des flacons avec mon mélange de prédilection si possible, ou je prends un petit kit :
À chaque ravitaillement, je vise une prise hydrique régulière (même si je n’ai pas soif) pour éviter les chutes brutales. Mais je m’efforce aussi d’écouter mon corps : parfois, c’est une petite gorgée d’eau de coco qui me redonne le moral plus qu’un litre d’eau plate.
Variantes selon ma tolérance
Certains coureurs supportent mal l’eau de coco (trop sucrée ou trop riche en potassium) ; d’autres préfèrent des solutions entièrement pulvérisées d’électrolytes. Si l’eau de coco me pèse, je bascule sur :
Le plus important : adapter, tester et rester flexible. L’eau de coco est une option excellente et naturelle, mais elle n’est pas la panacée. Associée à une gestion rigoureuse du sodium et des glucides, elle peut toutefois faire partie d’une stratégie d’hydratation très efficace pour un ultra de plus de six heures.